Trop con

Y'a pas à dire dans ce domaine il se surpassait, toujours à avoir confiance dans l'honnêteté et la gentillesse des gens, toujours à être là pour aider, pour soutenir. Il avait cette croyance enfantine qui, malgré les chutes et les déceptions, les claques et les blessures, lui permettaient de se relever encore et encore tout en continuant à croire. Beaucoup appelaient ça de la naïveté, lui savait juste qu'il était comme ça et qu'il était difficile de changer ce point ; car ne plus croire l'aurait transformé radicalement et il se serait perdu.

 

Bien sûr, parfois il avait envie d'envoyer promener le gens, de secouer certaines personnes, ou de dire à d'autres combien elles le faisaient souffrir... Cela aurait été un aveu de faiblesse alors il se retenait et prenait sur lui pour ne pas réagir et rester stoïque quoi qu'il en coûte.

 

À certains moments, il devenait lucide sur la situation et se rendait bien compte qu'elle était invivable, que par peur de brusquer ou blesser les autres il préférait souffrir lui-même en silence sans que personne ne sache. À quoi bon après tout, il se croyait bien assez fort pour supporter ça.

 

Mais ces derniers temps il prenait petit à petit conscience qu'aussi fort il puisse être, il n'avait pas à endurer tout ça pour des personnes qui n'en feraient pas autant et surtout, qui se jouaient de lui. Il commençait à voir clair, et cette lucidité soudaine lui faisait mal. Trop de personnes profitaient de sa gentillesse, trop de personnes jouaient avec lui comme un chat avec une proie, trop de personnes se moquaient éperdument de ce qu'il pouvait ressentir tant qu'il leurs apportait ce dont elles avaient besoin. Il se sentait utilisé...

 

Petit à petit il commençait à perdre sa foi envers les autres et se renfermait progressivement, il commençait à se blaser de tout ce qui l'entourait et ne faisait plus que "semblant" d'être bien. Il ne prenait réellement part à rien, il traversait les événements comme un fantôme mais même là il arrivait à être blessé que les les autres ne voient pas son état.

 

Habituellement il aurait fui, mais certaines choses le retenaient, comme une promesse d'un peut-être meilleur qu'il entrevoyait sans trop comprendre comment, un rêve espéré auquel il se raccrochait quand bien même les signes lui indiquaient tous qu'il se trompait. Mais c'était plus fort que lui, il voulait croire, croire et s'accrocher pour ne pas définitivement se perdre. Comme l'expression le soulignait si bien : trop bon, trop...

Commenter cet article